La culture sans vaseline
Virée criminelle au musée de la police

Virée criminelle au musée de la police

Meurtres crapuleux, saisies invraisemblables, trafics en tous genres,… Le musée de la police de Bruxelles regorge de pièces à conviction, d’anecdotes de gangsters et de récits d’hommes en bleu. Plongée dans un des lieux les plus étranges de la capitale.

Dans le quartier des casernes à Etterbeek, se cache un endroit peu connu du grand public : le musée de la police intégrée. En temps normal, il n’est malheureusement accessible que durant la semaine et sur rendez-vous, ce qui est loin d’être pratique. Mais depuis peu, il ouvre gratuitement ses portes tous les premiers dimanches du mois, à l’instar d’une vingtaine d’autres musées bruxellois. Ce qui en fait une escapade insolite, parfaite pour un lendemain de veille pluvieux…

Vitrine vintage des hommes en bleuMusée Police (10)

Au rez-de-chaussée, le musée présente des collections assez classiques, qui retracent l’histoire des différents corps de police depuis les origines napoléoniennes jusqu’à aujourd’hui. Gendarmerie, police locale, douaniers, gardes champêtres, maîtres-chiens,…Toute la famille des képis est représentée.

Outre l’évolution des uniformes, des armes de service et des véhicules, vous pourrez découvrir un paquet de photographies d’époque, qui prouvent notamment que l’alcool et les forces de l’ordre possèdent une vieille histoire commune.

Jetez un œil aux mannequins vintages, aux anciennes publicités de recrutement délicieusement désuètes et ne manquez pas non plus d’observer les PV délirants d’un autre âge, qui précisent par exemple que « Celui qui abandonnera des volailles sur le terrain d’autrui sera passible d’une amende de 5 à 15 francs » ! On ne badine pas avec les forces de l’ordre…

Astuces pour apprentis-délinquantsMusée Police (15)

Au deuxième étage, changement de registre. On passe en eaux troubles, dans l’univers du crime organisé et du vice sous toutes ses formes. Contrebande, techniques de pickpockets, fraudes aux jeux, contrefaçons, braconnage, trafic de drogue,…Une véritable caverne d’Ali Baba pour apprenti délinquant. Mention spéciale pour les « pistolets en mie de pain », qui s’avèrent toujours utiles lors d’une tentative d’évasion.

Coups de poings américains, masses d’armes « homemade », machettes surdimensionnées, étoiles de ninja, nunchaku, explosifs… Il y en a vraiment pour tous les goûts et de quoi faire pâlir d’envie un lycéen américain. Stylo-poignard, parapluie-épée, livre-cachette de revolver, kit de cambriolage, GSM à électrochocs,… Avec tous ces gadgets dignes d’un James Bond, on pourrait presque se croire dans le hangar secret de Q, l’expert technologique du MI6.

Musée Police (19)

La section « cold case »

Dans une autre aile, place aux collections transférées depuis le musée de l’ancienne école nationale de criminologie, qui se trouvait jadis dans les caves obscures du Palais de Justice. De vieilles affaires criminelles poussiéreuses et des techniques d’investigation dignes des experts des années 30. Vous pourrez par exemple admirer les anciennes lames de guillotine qui servaient à trancher la gorge des condamnés à mort, au temps où la Belgique pratiquait encore ce genre de justice définitive. Ou encore les moulages des crânes de ces damnés, que les criminologues de l’époque analysaient dans l’espoir de déterminer le profil phrénologique type des assassins.

Musée Police (23)Encore plus croustillant, des doigts (récupérés post-mortem) reposant depuis des lustres dans un flacon de formol, juste à côté de verres à shot. Un spectacle qui ne donne pas vraiment envie de trinquer… Ou alors juste un doigt! Descriptif de défunts non identifiés, photographies de fugitifs, journaux d’époque, reconstitutions de meurtres et d’accidents,… Les vitrines regorgent d’anecdotes et de trésors historiques et vous ne verrez pas le temps passer.

Finalement, le musée de la police dément complètement l’adage attribué à la fonction : « Circulez, il n’y a rien à voir » !

Musée Police (9)

 

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